



Artiste plasticienne de formation, j'utilise l'art comme un outil.
J'ai la conviction profonde qu'il possède un immense pouvoir. A mes yeux, c'est un espace d'évolution et de réparation permettant d'extérioriser son intériorité avec autre chose
que la parole.
L'art est mon langage et ma thérapie.
Curieuse depuis toujours, en apprentissage et en expérimentation, je ne me limite pas à un médium particulier. Broderie, Tapisserie, Teinture, Mosaïque, Sculpture, Photographie, Illustration, Peinture, Reliure, Ecriture, Montage audio et vidéo, les techniques me servent à exprimer mes maux tout en les transformant pour réparer mes blessures.
Point central de ma pratique, je me sers donc des médiums comme des moyens de reconstruction et de communication.


Je structure mes créations pour leurs donner du sens, mon travail est donc pensé par série. Je brode, je tisse, je fais de la mosaïque, je peins ou dessine pour parler de tout ce qui fait ma personnalité. J'interroge, entre autre, les masques, les espaces et les liens pour apprendre à exister. Chaque série est construite autour d'un questionnement et est composée d'un nombre d'oeuvres limitées, en cours de construction, qui peuvent évoluer avec le temps.

" Frontières " est une série d'oeuvres qui questionne la notion d'espace.
Les espaces intérieurs ou ceux que l'on partage avec d'autres.
Les espaces invisibles qui rendent les relations possibles.
J'ai presque toujours eu le sentiment de ne pas avoir d'espace propre pour exister, comme si ma vie avait été construite sur l'idée que je dois trouver refuge chez un autre pour respirer.
Mon intimité étant voué à accueillir des parasites, j'ai grandi sans avoir conscience qu'un espace possède des limites. Des frontières pour mon univers, pour protéger mon atmosphère. Des frontières pour ceux qui ne souhaitent pas être envahi par une étrangère.
Persuadée que le chaos était une norme s'emparant de mon intériorité tout autant que des liens que je tentait de créer, je n'ai cessé de chercher mon identité.
Poser des frontières m'a permis de me retrouver.
Avec l'aquarelle, je retranscris ce chaos. L'eau, mélangée aux pigments, reproduit la facilité avec laquelle les choses se brouillent dans mon cerveau.
Une fois le fond réalisé sur une feuille de papier, je mets de l'ordre à cette discorde en lui donnant des limites. Avec un stylo métallisé, je dessine des lignes pour déterminer le début et la fin dont chaque élément hérite.
Avec le temps, j'ai appris à fabriquer des espaces ordonnés, des endroits non-mélangés où chaque chose possède son espace pour demeurer. Je construis alors des formes délimitées avec des frontières qui peuvent leurs permettre de co-exister.
Dessin à l'aquarelle et au stylo métallisé.
Réalisé sur papier.
2023-2025

" Osmose " est une série d'oeuvres qui questionne la notion de lien.
Créer du lien avec autrui a longtemps été une énigme pour mon esprit. Bien que l'envie persistait, former un ensemble avec d'autres me paraissait digne de la plus grande folie. Perdre mon individualité était la dernière de mes envies. Pourtant, mon appétence à comprendre les âmes humaines me poussait à me relier, même si les conventions m'empêchaient d'aller chercher tout au fond de leurs pensées.
Construire du lien à ma manière m'a permis d'apprendre à en créer.
J'ai posé des questions à différentes personnes de mon entourage, en leur demandant d'utiliser une autre forme de langage. Répondre avec le dessin plutôt qu'avec la parole, pour le symbole.
J'eus l'envie de leur proposer de fouiller dans leur intériorité pour matérialiser leurs pensées. Pour apprendre à connaître un peu de leur intimité.
Livre 1 - Qu'est-ce qui est essentiel à tes yeux ?
Livre 2 - Quelle est ta représentation du bonheur et du malheur ?
Chacun a répondu avec ses compétences, sans que l'esthétique n'ait d'importance. Puis j'ai brodé sur ce qu'ils ont crée avec le besoin profond de me relier à chacune de ces individualités. La reliure Japonaise m'a permis d'en faire des livres pour représenter nos personnalités rassemblées dans des contenants visibles que le temps continue de faire exister.
Dessin (techniques mixtes), broderie et reliure.
Réalisé sur papier.
Livre 1 - 2018 / Livre 2 - 2019

" Regards " est une série d'oeuvres qui questionne la notion de beauté.
Le regard que je pose sur le monde a toujours été quelque peu particulier. Entre mon dedans et le dehors se trouve un abîme singulier. Un besoin de s'apprivoiser tels des étrangers pour comprendre le mystère qui habite nos entités.
Lorsque que je me trouve hors de mes murs intérieurs, un malaise s'empare de mes profondeurs, tant des désaccords me percent le coeur. Une différence de valeurs m'éloigne de cette danse créée par les Hommes qui par leurs incohérences m'empêchent de trouver une place à mon existence.
Aller vite, courir vers un vide anarchique, croire en un mythe construit sur la réussite.
Des devoirs implicites qui épuisent mon âme en quête d'une vérité poétique.
Et pourtant, aussi complexe et futile le monde soit-il, il est lui-même capable de faire pousser dans les terres les plus fertiles, des graines de lucidité qui, parfois fragiles, illuminent d'espoir les nuits les plus versatiles.
Intervient alors ce regard qui me propose de m'arrêter un instant sur les motifs orphelins qui peuplent notre univers incertain. Contempler pour sortir du tumulte quotidien et capturer des images de beauté. Observer les merveilles cachées, celles que l'on oublie de regarder. S'emparer du temps pour en faire une liberté. Choisir de me laisser porter par ce qui m'émerveille et décortiquer ce qui échappe à ma réalité.
Me rappeler de toute la délicatesse qui m'entoure me permet de survivre à une société en manque de sensibilité.
Mon objectif se pose alors sur des sujets qui me questionnent parce qu'ils m'impressionnent et me passionnent. Ils me racontent des histoires qui résonnent.
La nature que je nomme " Origine ".
Les autres que je nomme " Humains ".
Les lieux de vie que je nomme " Refuges ".
J'utilise la photographie pour poser mes yeux sur de la poésie créée sans désir précis. Les petits détails incompris qui nous figurent pourtant comme le monde est joli.
J'arrête les secondes sur une image vagabonde. Je savoure ses contours et la fige pour qu'elle continue à exister pour toujours. Parfois, je superpose différents angles de cet instant pour lui donner du mouvement. Pour que le temps dure plus longtemps. Pour retrouver le délice subtil des minutes passées à observer ce trésor dissimulé.
Photographie.
Imprimé sur papier.
2017-2025

" Visages " est une série d'oeuvres qui questionne la notion de masque.
Faire semblant, apprendre à m'adapter. Utiliser un visage qui parait familier. Adoucir ma personnalité pour être acceptée dans la cité. Etre capable de changer d'aspect pour coïncider avec la collectivité. Ne surtout pas me faire repérer. Me sentir cadenassée, incapable de comprendre ma personnalité.
Du plus loin que je m'en souvienne, j'ai appris à porter un masque pour me protéger. Ma plus grande peur ayant toujours été de me faire démasquer, comme si l'impostrice que j'étais ne méritait aucunement d'exister à travers sa propre vérité.
J'ai appris à comprendre que ces masques m'ont sauvée. Ils m'ont permis de subsister à un monde dont je me sentais mise de côté. Chacun d'entre-eux m'a donné des possibilités tout autant qu'ils ont fini par m'enfermer. Pendant des années, ils m'ont empêchée de connaître la nature dont j'ai été dotée. Et puis j'ai appris à les apprivoiser. A ne les utiliser que quand j'y vois un interêt.
Ne plus me sentir obliger de les porter. Recourir aux profits qu'ils m'ont laissés.
Apprendre à exister avec mon propre visage m'a permis d'accepter la nécessité d'emprunter
parfois l'un des portraits que mon inconscient m'a créé.
Après avoir imaginé chaque visage comme une forme d'hommage, j'utilise la broderie pour les ancrer dans mes pensées. Le voile sur lequel ils sont gravés me permet de les porter. La transparence des fibres tissées laisse apparaître mon corps dénué de tout ce que ces masques ont provoqués.
La sorcière,
mystique et révolutionnaire, croit en un univers invisible fait de matières.
Franche et lucide, elle paraît froide et avide. La véracité et l'authenticité étant ses plus grands piliers, elle génère de la colère chez ses congénères. Secrètement, la sorcière désire intimement préserver le visage de celle qui l'a créée.
La magicienne,
illusionne son entourage telle une sirène. La douceur et le calme dont elle fait preuve dans chaque épreuve rassemble les humains autour de sa personne. Elle émet de cette magie dont chaque être est fait pour cacher toute l'anxiété dissimulée sous les fleurs qu'elle confectionne.
La banshee,
victime de son malheur reste prisonnière de sa propre énergie. Différente et bizarre, elle est porteuse d'une malédiction transmise par l'autrice de son histoire. La tristesse qui s'étend sur l'entièreté de son territoire ne lui laisse aucun pouvoir. Elle s'habille du regard des humains dont elle a été le miroir. Ceux dont elle à été le souffre-douleur, ceux qui l'ont enterrée dans leur propre désespoir.
Illustration et broderie.
Réalisé sur tissu.
2024-2025.

" Troubles " est une série d'oeuvres qui questionne la notion d'accumulation.
D'émotions et de sensations ma chair est submergée. Elles se mélangent dans un tourbillon qui semble toujours durer une éternité. J'y perds toute notion de factualité et toute capacité de penser. Chaque sensibilité semble être formée d'un millier d'éclats fracturés par mon cerveau morcelé.
J'ai longtemps vu ces apparitions spontanées comme des supplices d'insécurité. Prisonnière d'une enveloppe meurtrière, j'y ai pourtant découvert une certaine subtilité.
Je fais l'expérience de la vie sous toute sa puissance. Hypersensible, j'ai le pouvoir de goûter à l'existence avec conscience. La souffrance, lorsqu'elle est maitrisée, donne accès à une forme d'évidence. Chaque minuscule particule accumulée est faite de sublimité.
Comprendre le trouble qui m'habite m'a permis de voir toute la préciosité qui s'y cachait.
Le textile me permet de représenter chaque sensation et émotion accumulées. Entrelacées, elles créent des motifs particuliers. Le tissu, le fil et les perles racontent toute la finesse équivoque qui s'étale sans honte dans mon intériorité. Enfermées dans des cadres comme elles le sont dans mon corps, elles débordent parfois du carcan qui leur est imposé.
Broderie (techniques mixtes).
Réalisé sur tissu.
2025.

" Fragments " est une série d'oeuvres qui questionne la notion de résilience.
Des fragments de vie, des parcelles de souvenirs, des morceaux de fragilité.
Il y a dans l'existence des instants de souffrance. Des blessures ouvertes qui font preuve de résistance.
Les fissures qui se sont créées sur les murs de mon intériorité m'ont forgées. Elles ont laissé des traces impossible à refermer. Il y a comme des alertes accrochées à mes pensées, des tourments emprunts de danger. La mémoire de ces sentiments éprouvés fait pleuvoir des larmes glacées sur mon territoire illusoire. Je tente alors de me réconcilier avec ces cicatrices, pour trouver un échappatoire à ce qui semble être figé.
Matérialiser mon désespoir pour réussir à le concevoir.
Transformer le reflet de mon invivable me permet d'accepter l'incontestable.
Détruire pour reconstruire. J'utilise la mosaïque pour laisser des parts de mon être mourir puis renaître à mon avenir. Comme mes brisures, je casse mon carrelage teinté de couleurs pures puis je créée une composition qui capture toute l'envergure d'un sentiment, d'un souvenir ou d'une rupture. J'enlève mon armure pour laisser place aux déchirures.
J'aspire à les embellir un peu.
A laisser pousser entre les creux quelques fleurs pour illuminer mes yeux.
Mosaïque.
Réalisé sur support en bois.
2025.































































































